L'Étoffe des songes :

le résumé détaillé

 

Distribution : 3F/6H

Durée de représentation (approximative) : 1h00

Éditions disponibles :

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Charles et Anne-Sophie Castelbajac sont très embêtés : ils doivent partir en Alaska pour le mariage du frère d'Anne-Sophie. Mais qui va s'occuper de leur chat pure race ? Leur domestique Mông étant absente, ils ont demandé à un couple, Cindy et Freddy, de venir habiter chez eux quelques jours. Or leur profil inquiète Anne-Sophie. Certes, Gérard, le concierge du cabinet où travaille Charles les a recommandés, mais Anne-Sophie n'est pas convaincue : après tout, ils n'ont jamais travaillé. On sonne : c'est eux.

Freddy et Cindy sont ravis de rendre service à Charles et Anne-Sophie. Jamais ils n'ont visité d'intérieur plus luxueux. Leur langage fleuri décontenance leurs hôtes mais ces derniers n'ont guère le temps d'envisager une autre solution. Ils partent donc. À peine le premier couple est-il sorti que Cindy passe une robe d'Anne-Sophie et se fait un devoir d'adopter le discours et la gestuelle de la jeune femme. Elle enjoint Freddy à enfiler un costume de Charles, ce qu'il fait. L'un et l'autre ont pourtant du mal à entrer dans leurs nouveaux personnages. On sonne. C'est un livreur postexpress. Il apporte un colis pour M. " Castelbajac", à remettre contre signature. Malgré lui, Freddy signe. Aussitôt, le livreur prend en photo le couple et la diffuse sur les réseaux sociaux avec cette mention : "Encore deux clients postexpress satisfaits, M. et Mme Castelbajac". Ainsi pour le monde entier, Freddy et Cindy sont devenus Charles et Anne-Sophie Castelbajac.

Le colis apporté par postexpress contient deux masques romains. Du temps a passé. Cindy et Freddy possèdent de mieux en mieux leurs rôles. Paraît Mông, la bonne de Charles et Anne-Sophie. Considérant ses "maîtres", elle ne peut s'empêcher de les trouver un peu étranges. Revenant de l'enterrement de son grand-père, elle affirme avoir ramené sa grand-mère avec elle, car elle ne pouvait continuer à vivre seule. Elle demande une augmentation, que ses "patrons" lui accordent généreusement. 

Quelques temps plus tard, Charles et Anne-Sophie  reçoivent la visite d'une dame en kimono. Elle ne dit pas un mot et leur offre quelque chose à manger. Ils la prennent pour la grand-mère de Mông et acceptent son présent mais apprécient modérément cette spécialité. C'est alors que les premiers Charles et Anne-Sophie reviennent. Ils s'aperçoivent que Cindy et Freddy ont mis leurs vêtements et dorment dans leur chambre. Ils en sont scandalisés et leur demandent de partir. Sur ces entrefaites, entre un livreur Vivaldi pizza. C'est en réalité le livreur postexpress qui complète ainsi son temps partiel. Il apporte leur commande à "Charles" et "Anne-Sophie", autrement dit à Freddy et Cindy. Les premiers "Charles" et "Anne-Sophie" en sont très troublés et ne trouvent pas de parade alors que Mông, arrivée peu de temps auparavant avec un panier à linge, les chasse avec plusieurs passes qui ressemblent à des mouvements d'arts martiaux.

La vie continue pour Charles-Freddy et Anne-Sophie-Cindy. Pourtant, on sonne et, sous les traits de jeunes adolescents, les premiers Charles et Anne-Sophie surgissent. Charles-Freddy reçoit un coup de fil l'informant des écarts de leurs "enfants" : Paul et Louise, scolarisés au collège Saint-Genesius. Charles-Freddy et Anne-Sophie-Cindy n'y comprennent rien. On sonne. Paraît alors le directeur adjoint de Saint-Genesisus, M. Persona, en réalité le livreur postexpress et Vivaldi pizza qui complète ainsi ses deux premiers temps partiels. Il donne lecture des méfaits accomplis par les deux élèves. Charles et Anne-Sophie en sont outrés. Charles appelle les deux adolescents et leur demande de s'expliquer, en vain. Anne-Sophie, au bord de la crise de nerf, sort. Mông recommande une consultation médicale. Charles, avant de partir, précise que le docteur Edwards consulte à domicile et qu'il vient d'arriver.

Son assistante médicale (Mông), accueille les patients Paul et Louise juste avant que le docteur (Anne-Sophie-Cindy) n'arrive. Cette dernière prend Paul puis Louise en consultation, diagnostique les pathologies les plus graves et prescrit à chaque fois une "euthanasie immédiate et définitive" alors que M. Persona s'éclipse. Mais Paul-Charles et Louise-Anne-Sophie ne se laissent pas faire. Revêtant les masques romains et se drapant dans le linge blanc du panier laissé par Mông comme on arbore une toge de patricien, ils deviennent subito Néron et Agrippine et ne s'expriment plus qu'en alexandrins. C'était sans compter sur Napoléon, joué par Charles-Freddy, qui effectue une entrée impériale. Il n'a guère le temps d'asseoir son empire sur la petite troupe, car la télévision annonce les résultats de l'élection présidentielle : Barack Ohanna est élu. Le nouveau président de la République, ex-Persona-livreur-Vivaldi-Pizza-postexpress remercie ses électeurs mais n'a pas le loisir de développer son discours car Mông, vêtue d'un uniforme militaire et tenant une arme à feu, menace désormais l'assemblée. Elle révèle sa véritable identité : Ok-Hwa, espionne dévouée à Son Grand Leader, Le Camarade-Président Kim-Sung Jong. Justement, elle ne voit aucun portrait de celui qu'elle appelle le Soleil de la Nation, et s'en offusque. Néron-Paul-Charles se munit d'une perceuse et se fait un devoir de percer le trou qui accueillera le clou de ce futur portrait. La cloison choisie est le quatrième mur. Alors qu'il s'active, on entend un éboulement et les personnages aperçoivent le public venu les voir. Ils s'en étonnent, et, alors que Ohanna et Néron sortent, leur posent différentes questions. Louise-Anne-Sophie se prend tellement au jeu qu'elle finit par être temporairement coincée dans un aparté. Mais deux techniciens envahissent soudain la scène et se mettent à emballer le mobilier et à embarquer le décor. Alors que les autres s'indignent de ce qu'on puisse tout démonter avant d'achever le spectacle, Edwards-Anne-Sophie-Cindy et Napoléon-Charles-Freddy s'interrogent sur ce qui est vrai ou non.

Tout finit par une chanson  : "Le monde entier est un théâtre et nous jouons tous la comédie".