Hôtel Dracula :

le résumé détaillé

 

Distribution : 5F/2H

Durée de représentation (approximative) : 2h00

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Les Alpes françaises, 1947.

 

Acte I.

Le téléphone sonne à l’hôtel Dracula. Madeleine veut répondre mais Joséphine l’en empêche. Toutes les deux sont très excitées à l’idée qu’il puisse s’agir de nouveaux clients. Joséphine décroche et prend une réservation. Tout commence bien mais elle demande au client s’il a fait ses vaccins. Comme, au bout du fil, la réponse est négative, elle lui indique qu’elle ne peut pas prendre la réservation jusqu’au bout. Madeleine est sidérée mais Joséphine, elle, est satisfaite : elle s’est évitée, ainsi qu’à tout le monde, une fièvre jaune. 

Soudain, la chouette hulule. Joséphine et Madeleine se précipitent pour mettre de la musique d’orgue. La comtesse Carmilla sort de la crypte. Cependant, son entrée est perturbée car la musique d’orgue est interrompue par différents styles musicaux. Carmilla est furieuse : la comtesse Carnea doit tenir son rang et ne peut se permettre de rater son entrée. Dignité, dignité, dignité. C’est alors qu’entre Dragomir, son fils, les cheveux en bataille et baillant. Carmilla fulmine tandis que Madeleine et Joséphine ont peur. Cependant Carmilla prend sur elle car c’est un jour important : les 140 ans de Dragomir. On lui souhaite un mauvais anniversaire.

Exaspérée, Carmilla demande des comptes à Dragomir. Lui, pour ses 140 ans, ne demande qu’une chose à Carmilla : avoir la possibilité de sortir, ce qu’elle lui refuse depuis leur installation dans l’hôtel. Elle lui rappelle alors que les chasseurs de vampires rôdent dans la région. Ils ne cherchent qu’une chose : les détruire, ce qui est bien dans les gênes de ces détritus d’êtres humains.

Soudain, Carmilla a un étourdissement. Apeuré, Dragomir rappelle Madeleine et Joséphine. Ils ramènent Carmilla d’aplomb en lui faisant respirer du sang de canard frais. Rassuré, Dragomir critique alors la manie de sa mère : ne sucer que des aristocrates. Mais Carmilla y tient, elle saurait sucer des roturiers. Elle ne va pas tout de même pas sucer Joséphine ni Madeleine. Inquiet, Dragomir écoute l’explication de Carmilla : le lendemain cela fera presque six mois qu’elle n’aura pas sucé de sang. Or, si un vampire ne suce pas durant six mois, il est purement et simplement détruit. Il y a donc urgence. Sauf à ce qu’elle se transforme en chauve-souris. 

Un client étranger, parlant un italien très particulier, apparaît furtivement, juste avant que n’entrent deux clientes. Le courant semble passer entre l’une d’entre elles et Dragomir. Cependant il apprend qu’il s’agit d’une certaine marquise de Bellac et de sa bonne, Lisette. Affolé, Dragomir comprend que la future victime de sa mère est entrée dans l’hôtel.  Les deux clientes gagnent leurs chambres.

Peu après, Carmilla apprend également l’arrivée de cette marquise. Soulagée, elle sait qu’elle va pouvoir se régénérer. Elle s’éclipse, tandis que Madeleine envoie Joséphine chercher des oignons au village.

Mais bientôt, les maques tombent : les deux clientes sont en fait des chasseuses de vampires, Mina et Lucie, tandis que le client italien est leur enseignant, le professeur Van Helsberg, formateur à l’école de chasseurs de vampires de Paris. La cellule « Nosferatu » du Vatican leur a signalé que deux vampires avaient fait de cet hôtel leur repaire. Leur but est donc de les découvrir et de les détruire. Seule celle qui accomplira cet exploit obtiendra son diplôme. Entre Mina et Lucie, la lutte s’annonce sans merci.

De retour, Dragomir indique alors à celles qu’il prend toujours pour des clientes qu’elles doivent fuir immédiatement. Pourtant, alors que Dragomir et Mina se rapprochent à coup de citations littéraires, Lucie reconnaît en Dragomir un vampire. Carmilla apparaît, voit pour la première fois celles qu’elle prend aussi pour des clientes, demande à voir la marquise, mais Dragomir, au grand étonnement de Mina et Lucie, dit à sa mère que la noble est sortie. Il expédie les deux jeunes femmes dans leurs chambres. Carmilla se sent de nouveau mal : le sang lui manque ! Dragomir lui suggère de sortir pour se requinquer grâce à l’air frais de la montagne. Lui-même, éprouvé par cette situation, descend reprendre des forces dans la crypte.

Joséphine revient de ses courses. Elle a attrapé froid et elle est persuadée qu’il s’agit de la grippe. Soudain une idée lui vient : si elle devenait elle-même vampire, elle ne serait plus malade. Madeleine trouve cette idée pour le moins saugrenue, d’autant que la comtesse cache son trésor quelque part dans la maison. Madeleine ne perd pas espoir de le trouver. Dragomir réparait. Joséphine le supplie de lui faire boire un peu de son sang vampirique, car c’est le seul moyen pour elle de se transformer en vampire. Devant les refus de Dragomir appuyés par Madeleine, Joséphine le mord, avant d’être expédiée dans la cuisine par Madeleine.

Dragomir fait alors une confession à la cuisinière : il est amoureux. Il a écrit une lettre à l’objet de son affection et demande conseil à Madeleine pour sa rédaction. Elle a bien de la peine à lui faire effacer les horreurs qu’il y a mises tout en pensant qu’il s’agissait de notations très romantiques.

Sur ces entrefaites, Mina et Lucie descendent des chambres. Mina prend d’assaut le canapé et Lucie se retrouve sur le pouf. Dragomir demande à Madeleine de porter la lettre à la jeune fille assise sur le canapé, puis il disparaît dans la crypte. Joséphine revient de la cuisine. Madeleine lui ordonne d’aller porter la lettre à la jeune femme qui occupe le canapé. Ce qu’elle ne voit pas, c’est que Lucie s’assoit sur ledit canapé et que Mina, gênée par cette présence, va sur le pouf. C’est donc Lucie qui reçoit la lettre et pense être aimée de Dragomir. Mina est dépitée tandis que Lucie, au comble de la joie, décide immédiatement d’arrêter sa formation de chasseuse de vampire.

C’est alors que Carmilla revient de sa promenade. Dragomir, venu pour voir si Madeleine a donné sa lettre, réparait également. Carmilla, au comble de la faim, demande où se trouve la marquise de Bellac. Joséphine, montrant Lucie et Mina, dit : « elle est là ! » Carmilla est surprise, car son fils lui avait affirmé que la marquise n’était pas une des deux clientes. Affolé à l’idée que Mina soit menacée, Dragomir dit à sa mère qu’il s’est trompé. La marquise de Bellac est bien ici, assise dans ce canapé, dit-il en montrant Lucie. Quant à l’autre, il s’agit de sa bonne. La comtesse accueille donc les deux clientes tout en se montrant étonnée que celle qu’elle prend pour une domestique lui réponde avec autant d’assurance et d’élégance, alors que celle qu’elle prend pour la marquise soit elle-même si rustaude. Qu’importe, au fond, puisque Carmilla trouve sa future victime fort appétissante.

Tout le monde part se préparer pour le dîner costumé, tandis que Dragomir, inquiet, va demander quelques conseils à Madeleine sur la conduite à tenir. Épouvantée par ses manières horrifiques, elle tente de corriger ce qui pourrait effrayer celle qu’il veut conquérir.

Cependant, l’heure du dîner est venue. Madeleine et Joséphine dressent la table, tandis que les convives arrivent, chacun vêtu de son déguisement, le client italien, alias Van Helsberg, est en centurion romain ; Carmilla en araignée ; Mina en sheriff ; Lucie en gâteau d’anniversaire ; Dragomir en lapin. Fâchée, Mina se montre de plus en plus incisive et finit par réclamer de l’ail, que Joséphine, elle aussi contrariée par Dragomir, s’empresse d’amener. Carmilla s’enfuit, tandis que Lucie, que la comtesse a droguée discrètement entre deux cuillers de soupe, monte précipitamment dans les chambres, suivie de Van Helsberg, inquiet pour son état. Dragomir, resté seul avec Mina, lui demande des comptes sur son comportement froid. Elle élude. Il s’enquiert alors de sa lettre, ce qui provoque l’ire de la jeune femme. Elle sort prendre le frais, laissant Dragomir dubitatif.

Joséphine et Madeleine débarrassent alors la table, la seconde sermonnant vivement la première : ce n’est pas encore le moment de se rebeller ! Qu’elle joue à la domestique modèle encore quelques temps. Ensuite viendra le temps de la révolte. D’ailleurs, rien ne dit que Dragomir aurait pu la transformer en vampire. En effet, Madeleine émet des doutes sur la nature vampirique de Dragomir : Carmilla est au bord de la destruction car elle n’a pas bu de sang humain depuis six mois, mais jamais Madeleine n’a vu Dragomir boire le sang d’un homme ou d’une femme…

Soudain, Lucie descend des chambres, totalement ivre. Affolé, Van Helsberg sort chercher de l’aide car il pense que la jeune femme va faire rater la chasse aux vampires.

Tombant sur Dragomir, Lucie lui avoue son amour à travers une chanson qui lui permet également d’accomplir un piquant strip-tease… Totalement dépassé, Dragomir ne comprend plus rien. C’est alors que Lucie lui montre la lettre. Dragomir lui révèle qu’elle était destinée à la marquise. Éplorée, Lucie remonte dans les chambres, jurant de redevenir une chasseuse de vampire implacable.

Revenue quelques temps auparavant, Mina a tout vu et tout entendu. Dragomir et elle se réconcilient grâce un baiser. Sur ces entrefaites, Carmilla réapparaît, plus assoiffée que jamais. Elle réclame la marquise de Bellac. Joséphine lui désigne Mina. La comtesse tombe des nues : son fils lui avait certifié qu’elle était la bonne de la marquise. D’un geste, Carmilla passe un ordre à Joséphine. Cette dernière menotte Lucie tandis que Carmilla menotte Mina. Elle va enfin pouvoir étancher sa soif de sang !  Mais Dragomir la supplie de n’en rien faire. Fouillant Mina, Dragomir découvre l’idylle entre son fils et celle qu’elle croit être la marquise. Cela ne peut en aucun cas l’arrêter : sa soif est trop forte. Mais elle propose un marché à son fils : s’il lui montre qu’il est un véritable vampire en plantant ses crocs dans celle qu’elle prend pour la bonne de la marquise, elle épargnera la jeune noble. Dragomir, malgré lui, s’avance donc vers Lucie et s’apprête à la mordre. À sa surprise, il constate que ses crocs ont disparu. Mina explique qu’il s’agit d’un phénomène rare mais connu : certains vampires ont parfois les crocs qui se volatilisent. C’est le signe de leur prochaine réintégration parmi les humains. Mais pour cela, un amour inébranlable est nécessaire. Carmilla n’a que faire de ces explications et mord Mina, au grand désespoir de Dragomir. Pourtant, Carmilla desserre vite sa mâchoire du cou de la jeune femme : le goût de son sang lui rappelle celui du sang populaire. En la fouillant pour vérifier si elle est bien noble, elle découvre sa véritable identité : celle d’une étudiante à l’école des chasseurs de vampires de Paris. Joséphine, de son côté, fouille Lucie et fait une découverte similaire. Dragomir se sent trahit et Carmilla lui indique qu’il ne reste qu’une seule solution : tuer Mina et Lucie.

 

Acte II.

Quelques instants plus tard. Alors que Dragomir se lamente sur son histoire d’amour gâchée par une dissimulatrice, Mina, pour lui prouver sa sincérité, demande à la comtesse de déchirer son certificat de scolarité. Ainsi, elle ne pourra pas devenir une chasseuse de vampire… Tandis que la comtesse engage son fils à tuer lui-même les deux jeunes femmes grâce à son arme à feu, Lucie se libère et menace la comtesse de son pieu. Elle fait libérer Mina qui tient en joue la comtesse. Pourtant, devant la détermination de Lucie, Mina détourne le canon du révolver sur sa condisciple. Acculée, Carmilla invoque les loups afin de se tirer de cette situation. Soudain le coq chante : c’est le matin. Arrive Madeleine, galvanisée : elle a trouvé le trésor des Carnea. Elle dit son fait à Carmilla. Hors d’elle, celle-ci se réjouit de la venue imminente des loups : ils déchireront Madeleine entre leurs crocs. Dragomir attaque alors sa mère avec dureté. La comtesse l’avertit qu’il doit s’estimer heureux d’avoir été préservé. En tant que nouvel humain noble, il est en effet une cible de choix pour Carmilla. Dragomir dénonce alors les manquements de Carmilla : une louve s’occupe de ses louveteaux avec plus d’instinct maternel qu’elle ne fait avec Dragomir ! Piquée, Carmilla se dirige vers la sortie malgré les avertissements de Dragomir et Mina sur la lumière du jour destructrice. N’écoutant que son chagrin, Carmilla sort et un cri déchirant se fait entendre et qu’une fumée vient de l’extérieur.

Alors que Dragomir se lamente sur la destruction de sa mère et que Madeleine, Joséphine et Lucie entonnent « Y a d’la joie ! », rentrent Carmilla et Van Helsberg. Il a sauvé Carmilla de la destruction en la protégeant du soleil avec son manteau. Madeleine et Joséphine reconnaissent celui qu’elles prennent pour le touriste italien. Van Helsberg dévoile sa véritable identité et révèle également que lui et Carmilla se sont connus cent ans auparavant, alors qu’elle s’appelait Clémence. Carmilla reconnaît son ancien amour : Abraham ! Mais comment a-t-il pu survivre plus d’un siècle ? Il a tout bêtement fait une chute dans le glacier et a hiberné avant qu’un printemps chaud ne le réveille. Mais il n’est pas tombé tout seul : une créature l’avait attaqué et tenté de boire son sang. Il s’agissait en fait du comte Carnea. De son côté, celle qui s’appelait alors Clémence était persuadée qu’Abraham l’avait quittée, lorsqu’elle fut attaquée à son tour par le comte qui l’enleva dans son château en Transylvanie. Lors de son baptême satanique, Clémence prit le nom de Carmilla. Elle et le comte se marièrent. La naissance de Dragomir fut un grand événement. Voici quelques années, les révolutionnaires prirent le pouvoir en Roumanie et décrétèrent la nationalisation du château des Carnea. Le comte périt dans cette bataille. Carmilla s’enfuit alors avec Dragomir vers cette région qu’elle n’avait pas oubliée : les Alpes françaises.

Abraham est ému par ce témoignage d’affection de Carmilla envers Dragomir, même si la brouille entre eux subsiste. Abraham se fait fort de la dissiper : il raconte qu’il s’est introduit dans la crypte et a dérobé le journal intime de Dragomir. Il cherchait alors un moyen de vaincre les deux vampires dont il ne connaissait pas encore l’identité. Il lit alors un passage du journal exprimant tout l’amour que Dragomir ressent pour sa mère. Tous les deux tombent dans les bras l’un de l’autre. Clémence révèle que Dragomir est en fait le fils d’Abraham. Cette nouvelle sonne les deux concernés, mais, émus aux larmes, ils tombent aussi dans les bras l’un de l’autre. Mais les loups approchent : Carmilla les éloigne définitivement. Pourtant, elle se sent toujours au plus mal. Abraham lui propose alors de boire son sang. Elle s’apprête à le faire mais elle constate que ses crocs ont eux aussi disparu. Clémence se réconcilie alors avec tout le monde. Abraham propose à Clémence de le rejoindre à Paris. Elle laissera donc l’hôtel à Madeleine et Joséphine, dont la grippe imaginaire s’est dissipée. Le trésor sera distribué entre elles et Dragomir. Abraham accorde le diplôme de chasseuse de vampires à Lucie et Mina. Clémence fait valoir qu’elle et Dragomir n’étant plus vampires, ils n’ont plus à en craindre les chasseurs. Dragomir demande Mina en mariage comme Abraham le fait pour Clémence. Lucie est décidée à fonder une agence de rencontre pour vampires, appelée « Chope un vampire ».